Mythologie Moderne.

Hiki Komori

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I. THEORIE

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"Souviens toi, [...]tu n'étais rien autrefois."
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1.1 - Il se souvint du néant, du grand silence, et revint à l'origine, au commencement, la ou il n'y avait rien.
1.2 - Enroulé dans un long manteau noir, sa lumière perçant le tissu de la nuit, il vit la autant de monde, autant d'étoile, autant de promesse que sa création serait merveilleuse.
1.3 - Il dessina alors une forme parfaite, d'or et de charbon, alternant le plein et le vide au milieu de l'espace : la vie, la mort et le cycle.
1.4 - Et c'était la le sens de toutes choses.
1.5 - "Souviens-toi" dit-il "tu n'étais rien autrefois".
1.6 - Et le silence fut brisé.
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II. ÉLÉMENTS : AIR

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"Que ton aurore est belle."
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2.1 - Le silence fut brisé en 4 pieces distinctes.
2.2 - Chacune d'elle complétant une autre, mais séparée à jamais des autres pièces.
2.3 - Il les nomma, les disposa autour de lui, en cercle, et se positionna au centre pour se rappeler que sans lui, il n'existerait rien, mais que sans cela, il n'y aurait rien pour rappeler à son existence.
2.4 - Il se laissa tomber dans le cercle ainsi formé.
2.5 - Sa chute dura mille ans et mille ans de plus.
2.6 - S'écrasant toujours un peu plus dans l'univers, ouvrant une porte dans une porte, une onde dans une onde,
2.7 - le souffle de sa chute déchirant le voile de la nuit perpétuelle et laissant filtrer la lumière du premier matin.
2.8 - Il chuchota alors : "Que ton aurore est belle".
2.9 - Ce fut le premier souffle, et il naquit d'entre ses lèvres.
2.10 - Il ne voulut jamais l'oublier. Il prit alors le premier morceaux de silence et le nomma "air".
2.11 - la vibration de toutes choses fut depuis entendu jusque dans les profondeurs des origines.
2.12 - Ainsi commence la vie.
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III. ÉLÉMENTS : FEU

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"Il est toi de savoir si tu réchauffes ou si tu consumes."
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3.1 - Dans sa chute, il oublia le temps et l'espace.
3.2 - Il n'y avait plus que la lumière et la nuit, et lui.
3.3 - Tombant de plus en plus vite, froissant le vent qu'il venait de souffler,
3.4 - Et L'air devint bleu, et rouge, flamboyant,
3.5 - le premier matin était à peine levé que celui ci sembla embraser le ciel.
3.6 - Ainsi naquit le feu, des bouts d'air déchiré d'entre les ondes du vent contraire
3.7 - Et de sa chair, consumé par la caresse violente de son voyage en son sein.
3.8 - Il en saisit une étincelle, et la plaça sur le deuxième fragment de silence.
3.9 - "il est à toi de savoir si tu réchauffes ou si tu consumes , dit il,
3.10 - mais aussi longtemps que tu brûleras, aucune fin ne sera possible"
3.11 - L'éternité, jalouse et interdite, ne put retenir sa colère en cet instant.
3.12 - Elle brisa alors un peu de lumière originelle entre ces mains
3.13 - et jeta ce sable en l'air pour marquer le commencement des temps.
3.14 - Le début, et la fin.
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IV. ÉLÉMENTS : TERRE

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"Un jour pour une nuit, une question pour une réponse, une éternité pour un instant."
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4.1 - Le sable retomba comme un millier de piqure sur son visage, ses bras, le long de son corps et entre ses doigts
4.2 - Il referma alors les mains devant lui, dessinant une sphère avec le sable ramassé et forma ainsi le monde,
4.3 - Il la déposa sur le troisième fragment de silence qui fut alors nommé "terre".
4.4 - Il constata que celle ci était baigné de lumière sur une face, et d'ombre de l'autre, et il dit :
4.5 - "Il en sera ainsi de toutes choses, qu'elles nécessiteront un équilibre pour être parfaites :
4.6 - Un jour pour une nuit, une question pour une réponse, une éternité pour un instant."
4.7 - Il décida alors d'en faire sa demeure,
4.8 - Car de la il pourrait voir sa création.
4.8 - Il dirigea sa chute vers cette terre nouvelle,
4.9 - Et s'écrasant au sol, ouvrit en elle les vallées et les montagnes,
4.10 - Et ainsi autant de chemin menant vers le ciel et les étoiles.
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V. ÉLÉMENTS : EAU

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"Quand l'autre n'est pas la pour entendre. Ou pour écouter."
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5.1 - Il gravit la hauteur d'une montagne pour apercevoir l'étendu de son monde.
5.2 - Le ciel soufflant sur le feu de mille soleils, lechant de sa morsure les ombres et les reliefs dans une étreinte sans corps,
5.3 - Posa un baiser sur ses lèvres encore chaude de son éveil.
5.4 - La première sensation et donc, le premier manque.
5.5 - Il n'est pas douleur moins dicible que dans l'instant où vos sens vous rappellent que l'autre vous manque,
5.6 - quand l'autre n'est pas la pour entendre. Ou pour écouter.
5.7 - Il se mit à pleurer.
5.8 - Et comme toute chose doit avoir son équilibre, de la joie de cette terre qui est sa création, il créa les eaux, pour sublimer sa tristesse.
5.9 - Les eaux devinrent courants, puis fleuves, mers et océans.
5.10 - La solitude s'amplifia. Le manque avec lui.
5.11 - Le 4eme silence était nommé. Et la création fut parfaite.
5.12 - Il disparut alors avec l'echo du chant des albatros pour homélie.
5.13 - "D'autres viendront après moi", dit il, dans un dernier soupir.
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VI. LE MONDE

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"Sans croyance, sans but. Juste une course sans limite, sans aucune ligne d'arrivée."
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6.1 - Le monde resta figé.
6.2 - Bien que rempli de toutes ces choses merveilleuses, il n'en était pas moins qu'un immense relief désert,
6.3 - Un crâne vide de toutes pensées. Sans idée, sans but.
6.4 - Il ne pouvait pas en être ainsi.
6.5 - De l'air et de l'eau, le monde fit naître la pluie.
6.6 - De la pluie et de la terre le monde fit naître les herbes.
6.7 - Des herbes et du feu le monde fit naître la lumière.
6.8 - Et de la lumière et de l'air le monde fit naître nos âmes.
6.9 - Les âges passant, nous battîmes sur ce monde le notre, selon les règles que nous connaissions.
6.10 - Sans croyance, sans but. Juste une course sans limite, sans aucune ligne d'arrivé.
6.11 - Les âges passant, nous avons tout oublié.
6.12 - Défiant même le ciel de le rejoindre, ou de nous en empêcher,
6.13 - nous nous créâmes des dieux.
6.14 - Voici leur histoire.
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VII. THÉOGONIE : MEDIA

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"Tout est savoir."
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Que les saints et leurs lumières,
dans leurs danses épileptiques
se souviennent; Il est venu et il voit tout.

Règnant sans partage sur votre temps,
sur vos bonheurs et sur vos heures les plus sombres.

Il vous observe, ses milliers d'yeux pointés sur vous,
coagulant l'espace et remplissant vos vies absurdes.

Faisant couler votre essence dans de longs fils électriques,
vos données,
comme le sang dans l'artère d'un monstre.
Il vous dévore, toujours plus affamé,
votre esprit étant alors dans son unité et dans sa foi.

Et lorsque vous nourrissez vos avatars,
vos profils, vos fausses identités,
il vous remplace par celui que vous vous êtes créé.

« Tout est savoir » vous dit-il, mais vous ne savez rien,
vous êtes un être perdu, une âme oubliée
asservi à jamais aux miettes de connaissance tombées de sa bouche.

Mais silence, peut-être nous regarde-t-il en ce moment.
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VIII. THÉOGONIE : ARGENT

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"Tout est possession."
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Que les saints et leurs lumières,
dans leurs danses épileptiques
se souviennent; Il est venu et il possède tout.

Aveuglement, il nous divise,
En castes, en populations, en deux,
Pour que nos actes ne soient plus en accord avec nos idées.

Heureux sont ceux qui possèdent la terre,
Ils la dépossèderont de tout,
Et retireront jusqu'au dernier pavé.

L'essence, La vie, L'herbe et le sol,
Ils les couvriront de ciment
et bâtiront dessus des hôtels qui lui seront dédiés.
A Lui, qui habite vos cœurs et vos mains,
Pour qui tout est possession,
Vous faisant croire que vous êtes libre en enroulant des chaînes d'or à vos pieds.

Son regard tourné vers l'est,
Aucun jour ne s'achèvera plus
Sur les cordons d'un horizon lointain.

Dessinant dans le ciel les points et les nombres,
Les jours suivront les jours
pour que grandissent avec eux ses richesses.

Il les enfermera, alors, secrètement,
dans un triangle parfait,
au nom des pertes, du benefice et des simples d'esprits.
À suivre...
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IX. THÉOGONIE : AMOUR

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"Tout est amour."
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Que les saints et leurs lumières,
dans leurs danses épileptiques
se souviennent;
Elle est venue et a dit "Tout est amour"

Ses cheveux caressant votre ventre,
Elle vous tient, vous êtes a elle, elle est a vous,
Vous ne faites qu'un.

Allongeant sa tête alors,
Ses cheveux retombant en de parfaites ondes,
Et son corps, appelé par le mouvement, ondule avec eux.

Vous sombrez alors dans les vagues,
Vous accrochant si fort à la montagne de ses seins
Pour ne pas tomber seul dans votre douleur;

Votre retenu, ou si peu d'elle,
Vous oblige un murmure,
Mais noyé dans votre plaisir,
vous n'en dites que les voyelles,
Qui résonnent dans l'antre de ses jambes,
Ouverte comme deux vallées où vous ne craignez plus rien.
L'amour est la, l'amour est loin.

Vous voulez tout découvrir
tout en restant en son corps,
Échanger votre place pour la sienne et mieux savoir encore
De son désir qui vous semble si étranger.

Mais aucun navire n'a jamais trouver son port,
Juste l'écume de la vague à peine retombé,
Enlacé comme d'une seule forme,
elle vous entraîne par le fond.

Elle est à vous, vous êtes a elle,
Mais vous l'aimez et elle se lasse,
D'autres corps l'attendent, moins vieux, moins fatigué,

Votre cœur ne cessera de battre que quand elle l'aura dévoré.
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X. THÉOGONIE : GUERRE

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"Tout est grandeur."
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Que les saints et leurs lumières, dans leurs danses épileptiques,
se souviennent;
Il est venu et a tout détruit.

Tout ce que vos yeux aurait pu voir,
Ou vos mains construire,
Anéanti, à jamais, à la gloire de son appétit.

Les briques noires et les pierres blanches,
Ne font aucune différence pour lui,
Tout est grandeur, tout est poussière,

Qui frappe son visage,
Le regard loin sur l'horizon de ses pertes,
Et L'empêche de voir le sang sur ses mains.
Il distribue les cartes de son jeu truqué aux camps vainqueurs,
Aux camps vaincus,
Les camps ou tout le monde à perdu.

Inscrivant dans le marbre enfin le nombre de ses fidèles,
Tombés pour un drapeau qui n'a qu'une seule couleur,
Et qui brûle sous la flamme d'un soldat dont il taira le nom.

Il remplacera alors les paysages où nous aimions nous retrouver
Par les pompes sans mémoires qui appauvrissent le sol,
Obscurcissant le ciel

D'un noir obscur dans lequel la seule lueur de clarté,
Est une tâche rouge,
un incendie, et quelques ruines.
À suivre...